MAJ
9 : Sombre nuit
Je lançai un petit coup d'œil
inquiet à Lila. Elle me répondit par une
discrète grimace. On était tous les cinq
alignés le long du mur du bureau du principal. Cela me
rappelait désagréablement les exécutions dans
les westerns... Ca c'est sur que j'allais me faire tuer par le
principal...
Principal <grave> : Je suis très
déçu de votre comportement mesdemoiselles ! Je
savais que ces messieurs n'étaient pas des anges, mais
mesdemoiselles !! Surtout vous Mademoiselle Hidel !
Je voulus protester que c'était ma
faute si les autres avaient séché, mais un coup
d'œil de Zac me dissuada de le dire au principal. De toute
façon il ne comprendrait rien a ce que je dirait... La vie
est mal faite !...
Principal <nous foudroyant du regard> : Ca passe pour
cette fois ! Mais séchez encore une fois, et je vais
vous faire la vie dure ! Me suis-je bien fait
comprendre ?
Ils marmonnèrent un petit oui, moi
je me contenta d'hocher la tête en levant les yeux au ciel.
Qu'est ce qu'il pouvait me gonfler ce mec !! On se
dépêcha de sortir du bureau avant qu'il ne change
d'avis. Il ne restait plus que 10 minutes avant la
récré, pas la peine de retourner en cours. On se
traîna donc jusqu'au hall en discutant.
Zac : C'était pas si terrible que sa ...
Matt : Ouais, ça aurait pu être pire.
Jim : Tu parles, il vous a tout mis
sur le dos !! J'aurais du lui dire que c'était ma faute
...
Yann : N'imp, t'es notre amie, ce n'est pas ta faute si tu
étais triste ma belle ! On a tous des problèmes
des fois dans la vie.
Je rougis légèrement quand
il m'appela ma belle, mais, heureusement pour moi, il ne le
remarqua pas. [Brulie : alors, on tombe raide dingue du petit
Yannounet ? *évite la brique a six troues*] La ferme,
c'est moi qui raconte et puis d'abord j'tombe pas amoureuse, je
rougit , nuance !! [Brulie : enfin *évite la
tronçonneuse* moi *évite l'armoire* ce que
*évite le menhir* j'en dit !! *prend une brique en
plein dans la face*] (nota : Mdr , faut que je les remplisse
mes page XD)
Jim : Tu parles, j'lui ait foutu
une baffe au problème ...
Lila <éclate de rire> : C'est vrai ??
Haaa ! Tu as enfin pris exemple sur moi ma chérie,
c'est bien !!!
Tous <rire>
DRIIIIIIIIIIIING
Yann <levant les mains au ciel> : ENFIIIIIIN !
Je vais pouvoir aller embrasser ma chérie !
Matt <murmure> : Un peu de pitié pour les
pauvres célibataires !
Yann <clin d'œil et regard vers Lila> : Si tu
veux , j'peux t'arranger un coup ?
Matt <rougit><murmure entre ses dents> : La
ferme !
Yann <grand sourire> : J'aurais été
heureux de continuer cette discussion palpitante avec vous, mais
une belle blonde m'attend !
Yann nous laissa pour se perdre dans la
foule qui sortait dans la cour profiter des dernières neiges
avant le retour du beau temps. Le soleil avait enfin
décidé de montrer le bout de son nez faisant fondre
l'épaisse couche de neige qui recouvrait jusque là la
ville. Moi, j'aimais ça le soleil, c'était une
chaleur apaisante. Mais dommage que la neige ne reste pas
jusqu'à Noël...
Je tournai la tête vers mes amis qui
discutaient joyeusement. L'arrivée imminente des vacances et
le retour du soleil les mettaient de bonne humeur.
Matt : Ca vous dit une sortie ce soir ?
Lila :Ouaiii ! genre ?
Matt : J'ai des places pour le concert d'un groupe de rock
...
Lila : Ca serais cool ! J'suis partante,
Jim ?
Jim <secouant la tête> :
Mon père rentre ce soir, désolée.
Lila : Dommage ... Zac ?
Zac : J'suis partant aussi !!
Matt : Yann ne peut pas venir par contre, le prof de SVT
lui aurait foutu une rédaction pour demain parce qu'il
bavardait .
Les horaires et le lieu de rendez-vous
fixés, la cloche sonna annonçant la reprise des
cours, étrangement , j'y allai d'un pas léger et
plutôt joyeuse. La routine m'avait rendu le sourire que je
n'aurais pas du perdre. Sourire à la vie était ma
devise depuis longtemps et je ne m'y était pas tenue. Yann
fit une belle grimace en apprenant que les autres allaient au
concert du groupe qu'il idolâtrait tandis que lui serait
obligé de plancher sur la reproduction des grenouilles.
Quelques heures plus tard, à la sortie du collège, on
se dit au revoir et leur souhaita un bon concert. Yann me
raccompagna jusqu'à chez moi tel un parfait gentleman .Tout
allait mieux, enfin, c'est ce que je pensais...
Milieu de la nuit devant la
pension où vivaient Matt et Yann.
Il s'était mis
à pleuvoir quand le ciel avait viré au noir. Mais je
n'y faisais pas attention, je courrais simplement vers cet
immeuble. Comment étais-je arrivée ici ? Je ne
sais plus, mes jambes m'avaient conduite toutes seules ici, comme
habituées par les longues journées que j'avais
passé à m'amuser dans les chambres de cette pension
avec mes meilleurs amis. Mes jambes me portaient avec
difficulté tandis que mon souffle saccadé formait un
petit nuage de vapeur. Mes mains étaient glacées
comme le reste de mon corps, je n'avait pas pris la peine de
prendre un manteau. Tout ce que je voulais c'était
oublié ces quelques heures, les pires de ma vie. Je finis
par m'arrêter devant la porte de l'immeuble, la main sur la
poignée j'hésita un moment avant de l'ouvrir.
J'entrai dans le bâtiment la cœur battant encore par ma
longue cavale dans les rues de Santa-City. Je restai un moment
figée dans le petit hall de la pension, une flaque d'eau
commençait à se former à mes pieds avant que
je me décide enfin à avancer vers la chambre la plus
proche.
Je toquai, un panneau bancal
accroché sur la porte indiqué le nom du pensionnaire
qui habitait là. Yann. Celui-ci ne devait pas avoir
fini sa rédaction car il m'ouvrit aussitôt.
Yann : Jim ? Tu sais que je t'adore mais viens pas en
pleine nuit chez m... Jim ? Qu'est ce qui c'est
passé ? Pourquoi tu pleures ?
Je me jetai dans ses bras et explosai en
sanglots. Désarmé il ne savais pas comment
réagir, il me caressa doucement les cheveux en me glissant
des mots rassurants. Je me laissai aller , c'était si bon de
pouvoir craquer, d'avoir une épaule sur la quelle pleurer.
Au bout d'un petit moment, je finis par me calmer, j'aurais
pourtant voulu rester blottie dans ses bras jusqu'à la fin
de mes jours. Il m'attrapa la main et me fit rentrer dans sa
chambre et me fit signe de m'asseoir sur son lit.
Yann : Tu es dans un triste état ... Pourquoi
t'as pas mis de manteau ?
Je voulus lui répondre mais mes
mains tremblaient tellement qu'il n'aurais pas compris ce que je
disais. Il posa une main sur mon front glacé et
sursauta.
Yann <fronçant les sourcil> : Mon dieu, t'es
gelée ! Tu vas attraper la crève idiote.
Il m'enveloppa dans sa couette pour me
réchauffer, je lui fit un sourire reconnaissant. Mais
malgré tout ma bonne volonté, je n'arriva pas
à sourire bien longtemps. Les larmes me revinrent aux
yeux.
Yann <perdu> : Non, ne pleure pas ! J'ai fait
quelque chose de mal ? S'il te plait <me caressant la
joue> Dis-moi ce qu'il se passe ?
Je lui souris doucement et me
décidai à revivre cette soirée que j'aurais
préféré oublier à tout jamais. Je pris
une longue respiration pour me calmer et commençai à
lui raconter.
FLASH BACK
Yann venait de me déposer devant
chez moi avant de reprendre sa route vers la pension.
J'étais d'une humeur joyeuse et légère. Je
rentrai dans ma maison en chantonnant comme une gamine. Mon
père n'était pas encore rentré, tant mieux,
j'allait pouvoir ranger un peu la maison qu'avaient
dérangée mes amis. Une fois cela fait, je montai
quatre à quatre les escaliers pour aller un peu sur MSN,
discutai un petit moment avec Lila avant qu'elle parte pour le
concert. Je fit mes devoirs et allai m'installer dans le
canapé pour regarder une émission débile. Je
ne m'inquiétais pas que mon père ne soit pas encore
rentré, j'avais l'habitude. Vers neuf heures du soir,
quelqu'un finit par sonner, je me levai d'un bond prête a
accueillir mon père.
Seulement ce n'était pas mon
père.
Femme : Bonjour, tu es bien Jim ?
J'hochai la tête et regarda de
travers cette dame habillée strictement, ses cheveux
attachés en chignon et la voix froide et
contrôlée. Elle se mit a genoux pour être
à ma hauteur.
Femme : Je suis Maria Lewis, assistante sociale, tu
voudrais bien prendre un manteau et me suivre s'il te plait ma
petite ?
Je fronçai les sourcils. Assistance
sociale ? Qu'est ce que c'était que cette histoire ? Mais la
bonne femme ne me laissa pas ruminer sa visite et me pressa de
prendre mon manteau. Je referma la porte de ma maison et suivit
Madame Lewis dans sa voiture. Elle démarra vers une
destination inconnue. Je me tournai vers elle et haussai les
sourcils d'un air interrogateur.
Lewis : Nous allons a l'hôpital. L'avion de ton...
ton père a eu un accident à l'atterrissage.
A ce moment j'ai cru que mon cœur
allait s'arrêter de battre. Mon père a eu un
accident... Ses mots résonnèrent
désagréablement dans ma tête tandis que mon
cerveau tente de les assimiler. Mes lèvres
commencèrent à trembler et une boule glacée se
forma dans mon ventre. La terre s'écroulait autour de
moi.
Lewis <doucement> Ne t'inquiète pas, je suis sur
que ça va aller...
... Et c'est pour ça qu'on m'a
envoyée une assistante sociale... et la marmotte et le
chocolat ? Lewis ne dit plus rien pendant tout le voyage. Avec
son travail, elle avait appris que les mots peuvent parfois faire
plus de mal que de bien. Moi aussi j'avais appris ça par mes
expériences personnelles. Je me contentait de regarder la
route défiler sous mes yeux jusqu'à ce que la voiture
se gare devant l'hôpital de la ville. Ses façades
blanches firent remonter de mauvais souvenirs de mon enfance, je
secouai la tête et suivit Lewis qui était
déjà sortie et avait fait la moitié du chemin
vers l'hôpital.
A peine entrée, j'avais envie de
ressortir, tout ceux qui sont déjà aller dans un
hôpital savent de quoi je parle. L'atmosphère qui y
règne est si... particulière et
désagréable. Un homme en fauteuil roulant passa
devant moi en me jetant un regard mauvais.
Lewis <me posant une main sur l'épaule> : Vas
t'asseoir, je vais demander à l'accueil où est ton
père.
J'obéis à contre cœur
et allai m'asseoir entre une mère stressée pour son
gamin qui venait d'être faucher par une voiture et une femme
sur le point d'accoucher qui attendait que son mari apprenne
où était la section maternité. Comment
savais-je tout ça ? Les gens sont bien bavards quand il
leur arrive des malheurs. Moi aussi j'aurais aimer me plaindre. Pas
le temps de me morfondre plus longtemps, l'assistante sociale
était revenue.
Lewis : Viens, le docteur Konel nous attend.
Le docteur Konel ? Encore des
souvenirs qui tentent de m'assaillir. Je suis là pour mon
père. Je suivis Lewis comme un zombie, le visage
dénué d'expression. Les couloirs se ressemblaient
tous dans ce dédale. Les portes entre ouvertes laissaient
voir des ados de mon âge avec toute sorte de fils et
d'appareils en tout genre qui les aidaient à vivre ... ou
plutôt survivre. Un dernier virage et je pilai devant le
docteur Konel.
Konel :Tiens, bonjour Jim.
Jim <les yeux
baissés> : Bonjour.
Lewis <intervenant> : Nous sommes là pour
monsieur Hidel.
Konel <air sombre> : Ho, oui bien sur. Son
état est stable, nous ne pouvons qu'attendre.
Les docteurs savent mal mentir vous
savez ? Son regard fuyant, son air sombre, il ne pensait pas
ce qu'il disait. Les heures qui ont suivi furent les pires de toute
ma vie. Attendre un verdict qui ne vient pas, avec une assistante
sociale aussi réconfortante qu'un dentiste. Je finis par
m'endormir allongée sur le canapé qui servait de
salle d'attente. Quelques cauchemars plus tard, des voix me
sortirent des bras de Morphée.
Konel : Je ne sais pas comment lui annoncer ...
Lewis : Cette petite est intelligente ...
Konel <murmure> : Je sais...
Ils s'aperçurent tout deux que
j'étais réveillée. Le docteur afficha un
sourire crispée et Lewis détourna le
regard.
Konel : Ecoute Jim ...
Jim : il est mort ?
Konel : Je... je suis désolé.
Le monde s'écroulait autour de moi.
Mon père... La seul personne de ma famille. Mes
lèvres se mirent à trembler. Et une atroce douleur
m'attrapa l'estomac. Sans que je m'en rende compte mes joues
s'étaient transformées en chute du Niagara. J'avais
l'horrible impression d'étouffer. J'avais besoin d'air, loin
de cette atmosphère oppressante. De l'air !! Je me
levai et ne laissai pas le temps au docteur et à Lewis de
réagir avant de prendre la fuite à travers le
dédale de couloirs et de chambres de
l'hôpital.
Voilà comment je mettait retrouver
à déambuler en pleine nuit dans les rues de
Santa-City.
FIN DU FLASH BACK
Yann ne posa pas plus de questions et
n'essaya pas de m'obliger à retourner à
l'hôpital où madame Lewis devait me chercher partout.
Il me laissa pleurer en me réconfortant. Des mots presque
tendres. Je finis par m'endormir dans ses bras.
Il me déposa sous ses draps
doucement, il resta un moment à me regarder tristement, je
dormait à poings fermés car si j'avais senti ce
regard j'aurais rougi jusqu'aux oreilles, même en ces
circonstances. Je ne sentit même pas quand il se glissa
à mes cotés, j'étais déjà dans
un sommeil sans rêve qui m'avait emportée bien avant
qu'il me glisse une main sur mon ventre glacé.
A SUIVRE ...
voila pour cette MAJ , j'ai eu un excer d'inspiration
aujourd'hui et j'ai tout ecrit d'un coup ! voila , un peu triste je
vous l'avoue , mais bon , la vie est pas toujours rose !
Dite moi votre avis svp !!
Votre Brulie
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